Invitation du jour… by Céline (3)

📩🤔 Invitation du jour… by Céline (3)

Quand la peur et l’épuisement nous retirent toute compassion, toute reliance.

J’ai eu une discussion avec quelqu’un qui nécessitait une mise au point, sur un sujet très important. J’avais besoin d’éclaircissements sur nos cadres d’action mutuels.

Mon interlocuteur m’explique ses conditions de travail et les recommandations qu’il doit respecter. J’écoute attentivement car je comprends parfaitement sa position. Surtout, je ne lui demande, en aucun cas, d’y déroger. Je lui exprime, à mon tour, ma façon de faire, tout en prenant bien soin, de répéter que je comprends pleinement sa position dans la situation qui nous préoccupe tous les deux. Sentant une atmosphère un peu gênée, je lui demande si ce que je dis le dérange : « Ah non pas, du tout mais vous comprenez que… blabla, blabla ».

Sur le coup, je me sens pleinement impuissante à entrer en lien avec l’autre, car, même en étant très à l’écoute de ses craintes, de ses contraintes dans le cadre de son exercice, j’avais quelqu’un en face de moi uniquement centré sur ses difficultés, sa fatigue et ses peurs. Ce qui a eu pour conséquence de ne pas entrer en dialogue avec moi mais plutôt de me matraquer en justifications, et, même, en utilisant des mots manipulatoires pour me renvoyer que ma demande est susceptible d’engendrer un non-soulagement physique pour un autre être.

Je m’en retourne chez moi avec la conversation qui repasse en boucle dans ma tête et un sentiment d’échec à faire entendre ce qui m’anime. A peine arrivée, les larmes coulent toutes seules. Elles coulent parce que la qualité des relations humaines est pour moi une recherche permanente. Et là, au lieu de goûter une confrontation qui prend en compte le point de vue des deux parties, je goûte une sensation d’échec dans la qualité de la communication.

J’avais un être humain devant moi, en proie à un épuisement physique et mental. Donc je suppose que mes demandes lui sont apparues comme un effort supplémentaire à fournir. Ce qui l’a poussé à défendre bec et ongle sa position par peur de ce qui pourrait arriver et a choisi, comme stratégie de communication, de m’envoyer des arguments péremptoires « c’est comme ça et c’est tout » et une justification que je qualifie de manipulatoire car, selon lui, ma demande allait à l’encontre de soulager la douleur physique de quelqu’un.

Moi, j’ai eu besoin de beaucoup d’auto-empathie (et d’un gros câlin de mon chien !) suite à cette conversation. Puis lorsque j’ai suffisamment laissé sortir les émotions et accueilli ma part blessée, j’ai compris une chose douloureuse.

Lorsqu’un être humain est pris dans les filets de la peur (couplée à une grosse fatigue), il ne voit plus en face de lui un autre être humain mais juste la cause de ses soucis, la cause de son mal-être. Il se retrouve face à ses propres choix qui lui apparaissent impossible à gérer à ce moment-là.

Un être humain qui se coupe de son cœur et ne réagit qu’avec son mental, croit que c’est l’autre la source de ses problèmes, stigmatise l’autre comme source de potentielles complications voire de danger. Il devient un être qui se sépare de son humanité, un être plus proche de la bête en mode survie que de l’humain. Autrement dit, il n’est plus en capacité de voir un autre être vivant, il ne voit qu’un miroir de ses peurs et ses limites… et y réagit plus ou moins intensément.

Moins nous considérerons important la façon dont nous nous adressons les uns aux autres,
Moins nous considérerons important de nous connaître dans nos limites, nos blessures et nos conditionnements,
Plus nous serons en proie à la dictature de la peur qui nous fera faire ce qu’elle veut et nous déconnectera du plus beau de l’Humain, à savoir son cœur et ses capacités de bienveillance, de compassion, de douceur, de considération, de respect…

📩🤔 L’invitation du jour est donc : afin d’éviter de ne plus voir en l’autre un être vivant (a fortiori lorsque nous nous retrouvons dans une situation compliquée), il est urgent de nous faire à nous-mêmes le cadeau de prendre la responsabilité de ce que nous ressentons et vivons.

Pour aller plus loin ensemble :
https://www.douceurdelame.fr/prestations-relation-daide-so…/

Chaleureusement,
Céline VINCENT
www.douceurdelame.fr

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